Notre église
« Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance,
annonce maintenant à tous les hommes,
en tous lieux, qu’ils ont à se repentir…. » (AC 17 : 30)
Cet homme nommé Paul, présenté parfois comme un « casseur devenu apôtre » n’a pas fini de nous surprendre ! Alors qu’il pourrait s’adonner tranquillement au tourisme sous le soleil d’Athènes, une irritation profonde jaillie du plus profond de ses entrailles, le saisit, l’envahir à la vue du vain spectacle de ce peuple cosmopolite à la foi dévoyée et pourtant à la recherche du seul vrai Dieu.
Qu’importe qu’on le qualifie peu élégamment de discoureur (« d’oiseau bavard »), qu’importe qu’on le traduise probablement sans ménagement devant ce tribunal « l’Aréopage » chargé de la censure des idées, qu’importe qu’il soit seul… Le temps compte et l’annonce de la Bonne Nouvelle ne souffre ni différé, ni nonchalance. Alors retentit sans ambiguïté le message porteur de l’espérance éternelle.
Qu’importe ce que nous avons été… Sans tenir compte de nos temps d’ignorance, Dieu nous envoie, nous ouvrier de la onzième et dernière heure, animés de cette rage salutaire pour arracher les âmes à l’enfer.
L’enfer… peut-être, le verrez-vous, au gré de vos loisirs et de vos déplacements, évoqué à travers quelque fresque, vitrail ou tableau retraçant le jugement dernier. Peut-être serez-vous, comme je l’ai été, abasourdi par l’étrange et lucide réalité exhalant de certaines œuvres. L’enfer est terriblement efficace, incroyablement performant, emprisonnant les âmes pour l’éternité au supplice des supplices ! Nous sommes émus de la plus tendre compassion pour les maux d'ici-bas, et cependant nous savons qu'ils ont un terme et finissent avec la vie. Pouvons-nous vivre en repos alors que tant d’âmes sont entraînées inexorablement vers l’éternel irréparable ?
Ah Paul, tu as bien raison, la situation tragique des Athéniens ne pouvait pas attendre plus longtemps !
Samuel BUOT